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 Gabriel

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Gabriel
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MessageSujet: Gabriel   Lun 2 Fév - 0:19

Nom ::. Van’Daan
Prénom ::. Gabriel
Surnom ::. Gab’, Gaby
Age ::. 19 ans
Race ::. Humain

Physique ::.
Que tu es beau, Gabriel… disait Colombine.
Je ne suis pas du genre narcissique, loin de là. J’ai toujours considéré que l’apparence physique n’était qu’une denrée factice pour les yeux et qu’en aucun cas on ne devait prendre orgueil d’en posséder une avantageuse. L’essentiel n’est il pas de voir avec le cœur ? En tout cas, je ne considère pas les compliments physionomiques comme de réels compliments. Pourtant, je ne peux pas avancer le fait qu’on ne m’en ait jamais fait. J’ai toujours été le centre de l’attention, depuis que je suis né, l’on me trouvait l’air admirable, honnête et aimable au possible. C’était leurs doigts, qui me frictionnaient le visage, que j’avais si blanc, jusqu’à faire naître au creux de mes pommettes une auréole rosée qui colorait mon teint de cadavre. Un petit bébé qu’on berçait en souriant, presque heureux de porter dans ses bras un être dont la carapace charnelle était aussi proche de la perfection.
Gabriel, tu es beau… répétait Colombine.
Elle passait ses doigts agiles dans mes cheveux bruns, qu’elle entortillait en bouclettes anglaises dans mon cou. Son nez se fourrait entre mes mèches, et elle respirait le parfum de muguet que dégageaient mes racines noires et poivrées. Ces cheveux que je n’ai jamais voulu couper, à la fois parce que je me plaisais à les tripoter nerveusement lorsque la situation s’y prêtait, et pour me détacher de cette étiquette qui imposait aux garçons la coupe militaire. J’aurais probablement fini rasé s’il n’y avait pas eu mes grandes sœurs pour défendre à coup de griffes et de dents ma tignasse auprès de mes parents. Et, entre autres, m’obtenir l’autorisation de les garder à la longueur qu’il me plaisait, ou plutôt qui leur plaisait, à elles.
Ton miroir parle de toi-même, petit frère… faisait Bérénice du bout des lèvres lorsque je m’endormais sur ses genoux.
Les yeux clos, j’écoutais le vacarme autour de moi. Mes yeux sombres et étirés, bordés de cils fournis qui me faisaient comme un trait de mascara sur la rangée inférieure, ou de khôl au dessous de la paupière. Je les fermais pour échapper à l’agitation extérieure, je les rouvrais pour contempler le soleil. Mes yeux myopes. Mes yeux qui, malgré leur couleur magnifique, entre l’or et la nuit, ne parvenaient pas à distinguer plus loin que le bout de mon nez retroussé. Ce nez que je n’ai jamais voulu chausser de lunettes, préférant regarder le monde à travers l’écran de fumée de ma vue abîmée. Au loin, le paysage se dessine doucement, entre absinthe et légèreté, insondable flou que je détaille avec ravissement. Enfant. Persuadé que c’était ça, le monde, que c’était vague et plein de couleurs.
Et Bérénice me regardait avec tendresse.
Elle aimait mes petits poignets de bambin fins comme des anguilles, mes jambes longues et déliées, mes épaules et mes clavicules saillantes qui me donnaient parfois l’air d’un squelette. En grandissant, je n’ai pas changé, je suis toujours filiforme et dégainé, mais ma taille n’a pas brisé le cap de celle de mon père, et je m’accorde honnêtement de mon mètre quatre vingt qui me convient à merveille. Mes yeux sont toujours les mêmes, recouvert du voile brillant et opaque de mon amétropie, mes cheveux longs ondulent sur mes oreilles pointues et écrasées. Je suis toujours vêtu de cette invariable chemise repassée et blanche qui me donne, maintenant que j’ai pris de l’âge, un air sérieux et élégant, et de ce pantalon de toile pincé autour de ma taille trop fine. J’ai parfois, semblent dire certains, un peu trop l’air ailleurs, mais la plupart s’y trompent, et me prennent pour ce gentleman que je ne suis pas.
Gabriel… murmurait Annabelle en souriant, et je me confondais entre ses seins de grande sœur, parce qu’au fond, je n’ai pas changé.



Psychologie ::.
Je pense que le mot pour me définir est et reste "opportuniste". Depuis ma plus tendre enfance, j’ai toujours su profiter de la situation présente et la tourner à mon avantage, quelle qu’elle soit, ne possédant ni principes, ni morale. Mes sœurs, mes parents, mes grands parents, toutes ces personnes qui défendaient corps et cris ce qui restait de notre famille aux yeux du reste de la ville, je ne les ais jamais autrement considérés que comme des objets m’étant utiles dans l’heure, et dont je pourrais me débarrasser le temps venu. Oh non, je ne suis pas méchant, ou tout du moins, cela dépend de la définition que vous donnez de méchanceté. Non, je profite des plaisirs de la vie comme ils viennent, sans avoir mauvaise conscience lorsque je dois accomplir quelque chose que vous qualifierez peut être de mauvais.
Mis à part ce penchant calculateur et complètement hypocrite, je suis quelqu’un d’assez facile à vivre, du moment qu’on ne découvre pas mes réels sentiments. Gentil, pas chiant, souriant et bien élevé, dans les conditions strictes de mon éducation en lambeaux, je fuis les embrouille et paraît calme et posé, pas franchement nerveux. Ma compagnie égaye et détend, n’étant pas trop embêtant je ne pousse pas les gens à la confidence, mais ils se sentent si bien en ma présence qu’ils en viennent très vite à ce qu’ils ont sur le cœur. Malgré tout, je peux faire preuve de caractère, mais toute la force de celui-ci réside dans l’attitude, le regard, les mots et le sourire. Pas de crises de nerfs, pas de coups de colère, je ne m’énerve pas facilement, mais je prends si vite du recul qu’il est difficile de m’en vouloir, tout simplement par peur sûrement que les accusations ne m’atteignent pas, ce qui est souvent le cas.
Certains me disent cupide et assoiffé, d’autres, désintéressé. A vrai dire, j'éprouve parfois un regain d'intérêt pour certaines choses, jusqu'à ce qu'elles ne me soient plus utiles.

Histoire ::.
1ere Partie


Annabelle était la première. Sa bouche délicate fleurissant au coin de ses yeux sombres, gorgée de lumière, un éternel sourire aux lèvres. Les médisances qui couraient s’octroyaient la permission de la désigner comme la plus réussie des trois. Il était vrai que depuis sa plus tendre enfance, elle n’avait jamais quitté cette expression joyeuse et rayonnante, qui sublimait son teint sans défaut, ses longs cheveux bruns, les cils de vache qui entouraient ses prunelles ombrées. Bérénice, la deuxième, était l’exacte opposée de son aînée. Malgré le fait que sur un plan exclusivement physique, elles se ressemblaient comme deux gouttes d’eau, l’air sombre et renfermé de la cadette lui éteignait le regard et dessinait des rides de colère entre les admirables courbes de son visage sans défauts. Colombine, la dernière, n’était pas apte aux descriptions physiques. Elle était égale à elle-même, égale à ses deux sœurs, brune aux yeux marron, carnation délavée, mais elle ne se plaçait pas dans cette lutte antagonique entre la joie et la morosité, trop petite pour s’y insérer, ou tout simplement parce qu’elle n’était pas définissable par des adjectifs simples. Petite libellule fuyante qu’on n’avait jamais l’impression de cerner, elle ne cessait de vous filer entre les doigts, et sur les lèvres, de vous tromper et de vous emberlificoter dans tous les sens. Toutes les trois formaient un trio sage et rangé, conforme aux règles de la société antique, comme leur avait enseigné leurs parents, dans un dernier espoir de lutter en vain pour défendre leur race. Théodore et Garance Van’Daan, ce couple noble et très attaché aux valeurs sociales et morales, calqués sur leurs modèles, jamais un faux pas, toujours dignes de leur titre. Du moins, avant la naissance de Gabriel.

« Mes parents n’attendaient plus d’enfants. Ils estimaient, et tout le monde s’accordait à leur pensée, que trois rejetons, surtout des filles, était une moyenne plus qu’acceptable. Ce fut donc par pur hasard que Mam tomba enceinte de mon petit frère. Tout d’abord sceptiques sur cette prochaine naissance, ils finirent par décider de garder l’enfant, heureux d’avoir une quatrième fille, qu’ils prévoyaient d’appeler Donna, ou peut être bien Daïhla, je ne me souviens pas très bien, j’étais plutôt petite à vrai dire. La surprise fut de taille lorsqu’ils aperçurent entre les jambes écartées de ma génitrice une petit bébé doté de ce qu’il y a de plus respectable entre les siennes. Lorsqu’on nous annonça la nouvelle à toutes les trois, qui attendions dans le salon, nous nous mîmes à pousser des petits cris de gamines excitées, heureuses d’avoir un petit frère. La question du prénom ne se posa pas longtemps, étant tous à court d’idées. Ce fut Colomba qui proposa Gabriel, et ce fut adopté à l’unanimité par toute la famille. Mam était un peu bouleversée, mais ce n’était rien à côté de Pope, qui hésitait entre les hurlements de joie et le désespoir comblé. Il se contenta de prendre maladroitement le bébé dans ses bras, qui ne gigotait pas, le crâne couvert d’un fin duvet noir. Ses yeux boursouflés de nourrisson cherchaient avec affolement une étincelle de lumière dans l’ombre de ces bras qui s’agitaient autour de son petit corps. Sa bouche s’ouvrit lentement et un cri effroyable franchit ses lèvres. » Annabelle – Février 2031

Théodore et Garance étaient un couple d’humains respectables. Ils avaient vu, petit à petit, leur entourage se disloquer, tomber dans la misère la plus profonde, mais ils conservaient cette classe et ce maintien digne des gens de leur rang. Elevés à la dure, l’un à l’école privée et l’autre au couvent, ils s’étaient rencontrés au hasard lors d’un séminaire et étaient tombés fous amoureux l’un de l’autre. Nous étions alors à la veille de la troisième guerre, mais ils n’avaient d’autres idéaux que leur vie de couple, et la famille qu’ils fonderaient tous deux, et qu’ils élèveraient dans le respect des traditions de leurs familles respectives. Leurs trois filles naquirent, les unes après les autres, et ils purent dédommager tout ce qu’elle leur coûtaient grâce au petit pactole qu’ils avaient emmagasiné et qui leur permettait de survivre, et même de s’élever au dessus de leur classe, qui, au fur et à mesure des années, sombrait dans la déchéance. Théodore était notaire, et Garance médecin. Malheureusement, le travail commença bien vite à manquer, et ils furent dans l’obligation, peu après la naissance de Colombine, d’entamer leurs économies personnelles pour pouvoir échapper à la misère.

« Lorsque Gaby eut quatre ans, et qu’il fallut le mettre à l’école, Mam et Pope déclarèrent qu’ils n’avaient plus assez d’argent pour pouvoir tous nous scolariser en même temps, et qu’il faudrait vendre notre grande maison pour s’installer dans un appartement, plus petit mais moins coûteux. Le déménagement se passa dans le plus grand silence. Je ne pouvais pas m’empêcher d’en vouloir à Gab’, même s’il n’avait pas choisi d’être venu au monde et de tout bouleverser par sa simple présence. Lorsque les camions arrivèrent pour emporter notre mobilier, il était terré dans les bras d’Anna, et suçait négligemment son pouce. J’ai cru voir, mais je pense encore que ce n’était qu’une illusion, un petit sourire plisser le coin de ses lèvres. Quoi qu’il en soit, il fut mis à l’école dans le Quartier Chic dans lequel nous avions emménagé. » Bérénice – Septembre 2035

Ce fut dans cet environnement que Gabriel grandit. Toujours souriant et aimable, prêt à aider ses parents lorsqu’il le fallait, il expérimentait l’anatomie avec Annabelle, la répartie avec Bérénice, et les jeux divers avec Colombine. A l’école, il était bon élève sans en faire trop, mais au milieu des Cyborgs, il se sentait parfois mal à l’aise, comme s’il lui manquait une case. Pourtant, il était assez intelligent, et possédait une capacité mémorielle assez spectaculaire. Il y avait une fille, dans sa classe, une blonde aux yeux violets, avec qui il était en perpétuelle concurrence. Un jour, il s’imagina même que certaines choses pourraient se passer entre eux, mais lors d’un débat un peu agité, un Mardi matin, il découvrit qu’elle aussi était une Cyborg. Ce fut l’instant des premiers doutes. Pourquoi ses parents n’avaient ils pas choisi, vu qu’ils possédaient de l’argent à l’époque, d’implanter l’âme de leurs enfants dans des corps robotisés ? Il était au courant de la discrimination massive qui grognait dans les foules, et savait à quel point être un humain allait devenir un enfer dans ce monde qui virait au cauchemar. Il n’osa pas interroger ses parents là-dessus.

« Un jour, des gens frappèrent à notre porte et entrèrent sans demander la permission. Ils étaient vêtus de noir et portaient des cardigans en tissu rêche sur leurs grandes épaules. Il y avait même une fille, une rousse, aux yeux étincelants, qui ne cessait de passer son regard sur les murs de la maison, comme si elle voulait décoller le papier peint. Visiblement, tous semblaient à ses ordres, et je me suis demandée pourquoi des gens d’une telle importance se déplaçaient pour nous. C’était des Sheals, j’en étais sûre, Gabi m’en avait parlé, il m’a dit qu’il avait appris ça à l’école. Moi, l’école, j’ai du arrêter, je me suis fait chasser, parce que je suis une humaine et que je n’ai pas un trop bon niveau scolaire. Je les ai regardés traverser le salon, et puis intercepter Pope, lui demandant où était Mam. Ils ont longtemps parlé, dans la chambre, pendant qu’Anna, qui venait d’avoir vingt et un ans, cousait en silence un canevas des années soixante, et que Bérénice, dix neuf, martelait la table sans rien dire du bout de ses doigts. Moi, je n’étais pas encore majeure, et Gab, qui allait sur ses quinze ans, non plus. Nous étions donc obligés de suivre les parents, de toutes manières. Mais quand Pope et Mam revinrent dans la pièce, ils étaient tous blancs, et parlaient avec difficultés.
"Les filles, on s’en va." Ils avaient dit les filles. J’ai regardé Gabriel, qui était tout pâle, avec horreur, et tout d’un coup, j’ai eu un très mauvais pressentiment. » Colombine – Janvier 2046

[Pas Terminé]

Quatre mots envoyés à ::. Je sais plus x)

Règlement ::.
Lu & Approuvé.

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Dernière édition par Gabriel le Mar 17 Mar - 21:14, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Gabriel   Ven 6 Fév - 21:27

[J'suis désolé d'avoir suppr tous vos messages mais sinon ça faisait rupture avec ce qu'il y avait précédemment.]

2e partie


Deux ans, déjà… Cela faisait vraiment deux ans, maintenant, que j’avais quitté ma famille, qui était partie s’installer à Meretrix, la cité construite expressément pour loger les humains d’Arimane. Aujourd’hui était un bien sombre anniversaire. Pouvais je dire en vérité que cette séparation m’avait été douloureuse ? Avec le temps, même si l’on ne considère pas sa famille comme une véritable source d’affection, mais plutôt comme un appui d’enfance, qui permettait de mieux s’en détacher par la suite, j’avais établi certains repères et prit certaines habitudes dont je m’étais détaché un peu violemment. Et même si je n’avais de regret de mes parents ou de mes deux sœurs aînées, la petite Colombine me manquait quelque peu. Elle était la plus incomprise de la famille, la rejetée, celle qui ne parvenait pas à vivre dans la réalité mais flottait communément dans ses rêves qu’elle ne dissipait pas. Son intelligence était rare, et j’avais su la mettre à profit. Durant nos nombreux jeux de gamin, j’avais trouvé en elle un puit de choses que je ne connaissais pas, et que j’avais sondé de mon mieux, sans parvenir à tirer tout ce que je pouvais d’elle. Avec ses regards éhontés et fuyants, à la fois rêveurs, humbles, et particulièrement insolents, à l’image de ses courbes indolentes, elle me semblait presque irréelle.
Mais Colomba, je l’ai laissée, enfin, je m’en suis vu arraché par la force des choses, comme les autres. Et là, à l’heure où j’ouvre les yeux sur la campagne, cette campagne abstraite que je me suis inventé, pour combler les flous qui me la noyaient de formes décousues et de couleurs, je peux constater à quel point les choses ont changé.

Il y a eu Lilith, il y a encore Lilith, même. Celle qui hante mes nuits sans sommeil, celles où je me tourne et me retourne dans son grand lit tendu de draps et de couvertures douces, tandis que ses mains se hâtent lentement le long de mon échine qui tremble de froid et de solitude. Le jour, nous sommes deux étrangers, et moi je travaille, cloîtré dans un bureau à bosser pour eux, les Sheals, et elle en particulier, mais le soir, alors que le crépuscule tend les nuages sur la lune, elle m’enlève à mon matelas pour m’allonger à ses côtés. Oui, si elle m’a conservée au lieu de me parquer avec ma famille, c’est pour ces raisons suivantes. Ma mémoire et mon absence totale de morale et de valeurs. Elle peut me demander des choses que des personnes normales ne pourraient jamais accepter, et à cause de mon statut humanoïde, je n’ai pas la possibilité de me rebeller outre mesure, la hiérarchie naturelle étant contre moi. J’ai bien essayé au début de me rebiffer, mais j’ai très vite compris que ça ne servait à rien. Les Sheals, il paraît, possèdent des pouvoirs qui dépassent l’entendement, et Lilith en est un bon exemple. Avec le temps, pourtant, j’ai développé une sorte d’acuité à fermer mon esprit lors de ses crises de nerfs, me rendant quasi invulnérable. Mais l’envie de passer outre le système qu’elle m’a imposé pour m’enfuir et recouvrir ma liberté ne m’atteint plus. Les nuits sont douces, et mon travail, bien que Lilith se débrouille pour que j’accomplisse tout ce qu’elle ne souhaite pas faire, n’est pas trop difficile, et je suis nourri, logé, ma libido se trouve pleinement comblée.

Car je n’aime pas Lilith, non. Mais si personnellement je possède un physique avantageux, elle peut se vanter d’être particulièrement sublime. Une toison étincelante, rousse et gorgée de soleil, qui dégringole en cascades sur ses épaules fortes de femme de pouvoir, et de belles jambes moirées, qui ferment un corps aux contours impeccables. Et puis, c’est qu’elle en a dans le crâne. Ses idées ont beau être retorses, elles n’en sont pas moins étonnamment bien pensées, et brillantes d’ingéniosité. Elle s’appuie sur moi pour prendre des décisions, me demandant systématiquement ce que j’aurais fait à sa place. Ca me fait un peu chier, mais en même temps, elle doit bien cultiver mes talents, pour ne pas qu’ils meurent et que je ne lui soit plus que d’un intérêt sexuel.

Mais aujourd’hui, elle n’est pas là. Elle m’a laissée dans son lit, en prenant soin de me border bien délicatement, et je regarde le paysage à travers ses lourds rideaux de fumée. Il doit être quatre heures du matin. Je pense à tous ces pauvres humains qui sont devenus esclaves, alors que moi, je couche avec la plus belle femme de la terre, et qu’elle prend soin de m’instruire et de me donner à bouffer. Je pense à Colomba, peut être. Aux gros seins d’Anna, quand même, et je me dis que peut être elle n’est plus qu’une traînée qui vend ses charmes dans le quartier des plaisirs. Mais elle, au moins, elle existe. Car depuis que je suis ici, deux ans maintenant, je ne vis plus que dans ces trois pièces différentes, je ne vois plus personne d’autre que ma maîtresse aux doigts de fée, qui a beau m’être indifférente, mais qui parvient à déclencher en moi des choses qu’on ne peut renier. Pourtant, je donnerais peut être beaucoup pour revoir la lumière de dehors, et des visages autres que le sien.

Trois petits coups précipités à la porte. J’ai beau dissimulé ma nudité dans les draps, ils m’ont vu. Quelques secondes plus tard, et c’est le néant.

3ème partie


Gabriel se redressa légèrement le long du dossier de sa chaise. Ses doigts s'emmêlèrent dans une étreinte langoureuse. Devant ses yeux floutés par la fatigue dansaient et ondulaient les jambes moirées de Lilith, comme de grandes flammes aiguisées par la chaleur ambiante.

"Tu es vraiment sûr que tu veux nous rejoindre ?"

Elle s'accroupit devant lui, mais il ne put discerner précisément l'expression de son visage.

"Je pense être en mesure de vous être utile. J'ai dix neuf ans, à présent. Après cela, la décision vous appartient. Je ne juge en rien le reste."

"Tu as raison d'estimer ta puissance, que je ne souhaiterais jamais comme une menace, et que j'ai toujours espérée mon alliée, aujourd'hui plus que jamais. Je n'ai pas oublié ce que tu as pu représenter, un jour."

Il tourna légèrement la tête vers elle, la baignant de son regard éteint.

"Tu n'as pas oublié non plus nos nuits de fous ébats où même l'ombre se noyait dans nos étreintes ?"

Ses paupières s'étirèrent un instant sur ses yeux. Depuis deux ans qu'il ne l'avait pas vue, et enfin il la retrouvait. Il n'avait jamais su qui avait dénoncé sa présence dans le lit de la jeune femme, ni comment elle s'était débrouillée, elle, pour le retrouver au bout de tout ce temps de non existence. Dans la cellule qui avait cloisonné trois des mois de sa vie, il était devenu endurant à la douleur, et insensible aux questions dont on pouvait l'assaillir, dans les vingt et un qui avaient pu suivre sa plongée dans l'enfer de la rue, il avait découvert la saleté, la moiteur, la boue et les baisers de pluie qui burinaient son visage et son corps. Et voilà qu'à présent, leurs chemins se recroisaient de nouveau, et la gêne qui les écrasait était semblable à celle de deux amants séparés qui n'osaient plus croiser leurs regards respectifs.

"Je ne vis plus, depuis tout ce temps. Je ne te demande rien."

"Je te comprends."

Elle s'avança vers lui et, tirant une chaise, s'assit à ses côtés. Il frissonna légèrement lorsqu'elle passa sa main dans ses cheveux, mais ne protesta pas.

"Je t'offrirais ce que tu souhaites. Ensemble, nous pouvons faire de grandes choses, tu sais. Il ne fait pas laisser s'enfuir l'eau du ruisseau qui nous coule entre les doigts."

"Tu as peut être raison."

Leurs regards verts se trouvèrent, se quittèrent de nouveau, leurs doigts s'emmélèrent puis se lâchèrent. Elle se leva d'un bond et se dirigea vers la fenêtre.

"N'imagine pas que seule ta puissance m'intéresse..."

Et elle éteignit la lumière.



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MessageSujet: Re: Gabriel   Mar 14 Avr - 17:37

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